De la classe à l’estrade

Laurent Proulx, étudiant, blogueur, a écrit ce billet : 

http://fr.princearthurherald.com/news/detail/g-rants-d-estrade-un-appel-au-calme/?language_id=3

Voici ma réponse :  

Jeudi le 17 mai 2012

 

Cher Laurent Proulx,

J’ai voté en 2008. Le Québec a choisi quelqu’un d’autre, pour qu’il trouve les solutions que je n’ai pas l’expertise d’offrir. Avant d’être un artiste, je suis un citoyen votant qui les demande au gouvernement en place, et s’arroge le droit de le critiquer s’il n’en trouve pas, ou s’il refuse obstinément d’en trouver. Parfois, à table en famille, ou avec mes amis, nous étayons nos opinions politiques avec davantage d’inventivité, et y allons d’idées, parfois naïves mais sincères, pour améliorer le Québec que nous aimons.  

À l’émission de Catherine Perrin, par exemple, j’ai trouvé l’argumentaire de Serge Ménard, ancien Ministre de la Justice, profondément creux, itératif, linguistiquement pauvre et de mauvaise foi au moment d’aborder la problématique de la loi anti-masque. J’étais alors présent pour promouvoir la sortie de mon prochain film, et en ai profité pour exprimer mon désaccord face à cette loi municipale dont le réel motif semble davantage être de tuer dans l’oeuf tout mouvement manifestant que de protéger le pékin lambda de dangereux casseurs. Ayant pris part à quelques manifestations nocturnes, je crois comprendre le geste préventif qu’est le port d’un foulard ou d’une forme de masque pour le manifestant moyen et bien-intentionné, surtout devant la gérance abusive et désordonnée de la police, surmenée et dépassée par les évenements. Je n’ai aucune solution à offrir en égard à la loi anti-masque ; ma solution est de ne pas l’adopter. 

Sinon, je ne sais trop sur quelles tribunes j’ai tant pu exposer mes doléances, et subséquemment ne présenter aucune « solution », mais je ne vois pas en quoi je suis tenu – par quel devoir? par quelle loi? – de forcément associer à mes critiques des idées concrètes et des projets de société comme si j’étais en campagne électorale. Je t’en laisse le soin – si tu t’exprimes pareillement par le biais de ta tribune, te voilà aussi dans la course pour les prochaines élection. 

Car en effet, bien que tu dises que j’aie « le droit de m’exprimer » et que je sois un « modèle à suivre » – je t’en remercie, d’ailleurs-, ton article suggère plus tard que pour exprimer son désaccord envers un politicien, son parti ou sa gouvernance, il faut, dans l’absolu, quand on est connu – malgré soi – se présenter contre eux aux élections, ou se taire. N’y vois aucun faussement ou distorsion de ton propos ; c’est ma lecture personnelle. Or, à la lumière de ce genre d’ordre tacite, je te lance une invitation à mon tour : songe ne serait-ce qu’un instant qu’il n’y a pas dans la vie qu’une gauche-caviar qui se gargarise de vin rouge à l’Express puis descend toute affaire cessante dans la rue parce qu’une manif défile par hasard sur Saint-Denis ; j’entérine réellement une idéologie dans laquelle s’inscrit la gratuité scolaire, oui. Bien sûr, les frais de scolarité sont moindres au Québec, et cette crise que plusieurs considèrent imaginaire a nuit au bon déroulement de ta session, seulement, je refuse qu’un pays ou qu’une province se construisent en se comparant, et j’appuie ainsi les étudiants qui se battent pour une cause qui, à l’évidence, est aussi devenue le prétexte à une sorte d’éveil collectif partiel, mais notable – je ne sais trop si tu l’as perçu depuis la fenêtre de ta classe – et la prise de la rue pour militer contre un gouvernement mou, incompétent, stipendié, arrogant et irresponsable – envers toi plus que moi, d’ailleurs. Enfin si tu penses que la longévité néfaste de cette grève relève de l’entêtement et de l’opiniâtreté des « rouges », et non de la confortable et puérile indifférence de l’État, honnêtement mon ami, c’est ton droit. Tu es libre. 

Quant à moi je suis libre aussi, libre de demeurer un artiste et citoyen qui partage souverainement ses opinions sans se targuer d’avoir la compétence politique qui n’a jamais été requise au citoyen moyen, que je suis, pour qu’il s’exprime, lui, dans un vox pop, ou à la radio, ou interviewé dans la rue parmi la foule. Et non, je ne considère pas que mon opinion est plus valable que celle de qui que ce soit d’autre, et Dan Bigras non plus, sans doute, bien que je ne le connaisse pas, et non, l’émettre ne transforme pas mes mots en information, comme tu le sous-entend. Le public est libre de croire ce qu’il veut, et si tu le considères assez sot pour boire les paroles de figures publiques sans jamais sonder ses propres convictions, c’est dire toute l’estime que tu as des Québécois.  

À ce titre, je préfère encore être un « gérant d’estrade » et prendre part à un élan social inespéré, et être sur le terrain, que de bloguer dans le but de défendre un gouvernement qui te méprise autant qu’il me méprise, et dont le dur labeur n’est supposément pas une partie de plaisir! À ceci je te réponds que les politiciens ont choisi de grands devoirs et de grandes responsabilités, et qui postulent une force mentale, un sens de l’éthique et une ouverture d’esprit qui, en théorie, les garde bien de faire grand cas de mes critiques, aussi élémentaires soient-elles. 

Alors crois-moi, Laurent, j’irai bel et bien voter, oui, et encourage par cette lettre toutes les personnes de mon âge, et toutes les personnes enfin, à le faire aussi. 

En attendant j’en profite pour te rappeler que mon 3e film, Laurence Anyways, sort ce vendredi prochain 18 mai dans une majorité d’écrans montréalais et québécois. À quelle adresse puis-je t’envoyer un laisser-passer double? 

Xavier Dolan 

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6 Commentaires

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6 réponses à “De la classe à l’estrade

  1. J’aime x 1000. Très bien dit.

  2. Olivier

    Evidemment que tout le monde à le droit de s’exprimer , pas seulement en se presentant candidat ou en votant. Moi, où j’ai un problème , c’est que certains citoyens boivent et croient les paroles de « vedettes » sans s’informer d’avantage. Parce que Xavier et Guy A. l’ont dit … Sa doit etre vrai…
    Mais ça , ce n’est pas de votre faute.
    Pour le port du masque, pour moi en porter un lors d’une manif, c’est s’associer aux casseurs. Si il n’y avait que les casseurs de masqué, ces gens seraient facilement trouvable et les vrais etudiants serait libre ensuite de manifs pacifiques. De toute façon…

  3. Anthony Depatie

    Ayant lu la lettre de Mr Proulx, je ne pense pas que la validite de votre opinion soit remise en question; il est clair que dans une democracie, toutes nos opinions comptent.

    Ceci etant dit, l’objectif principal de son article – si je peux me permettre de partager mon interpretation – est que vu la platforme mediatique dont les artistes beneficie, vos opinions rejoignent un plus grands nombres de personne qui, plus souvent qu’autrement, ecoute vos optiobs plus attentivement qu’ils n’ecouteraient celles de personnes plus qualifiees dans de tels sujets.

    Ceci etant dit, je ne pense pas que c’est quelquechose que vous ayez a vous reprocher, puisque ce n’est pas votre faute si la population generale veulent former leurs opinions politique autour de la votre. Sans vouloir remettre en question la validite de vos convictions, le peuple aurait sans doute avantage a adherer aux propos de personnes avec de plus grandes connaissances dans la matiere.

    Pour ce qui est des manifestations, encore une fois, vous avez le droit a votre opinion, mais n’oubliez pas que le gouvernenent Charest a ete elu democratiquement. Au prochaines elections, vous aurez une opportunite de le remplacer, mais d’ici la, j’ose penser que tout en supportabt les etudiants, vous ne ferez pas la promotion de manifestations violentes, ayant a l’encontre de la democratie.

  4. Bonjour Xavier,

    Je suis tout à fait d’accord avec toi qu’il ne faut pas prendre les québécois pour des imbéciles; dans une démocratie où l’on juge que tous ont le droit de vote, la moindre des présomptions qu’on se doit de tenir est que les citoyens sauront exercer ce droit avec discernement. Il n’y a pas de vote rationnel ou économiquement juste, on donne son vote au candidat qui rejoint nos valeurs et notre vision de la société.

    Dans cette optique, je peux tout à fait comprendre ton indignation lorsqu’un activiste connu (Laurent Proulx a quand-même beaucoup fait les manchettes) te reproche de te servir de ta popularité pour dynamiser les tenants d’une cause politique. Tes fans ainsi que tout autre membre de la population a la responsabilité de faire sa part des choses et d’en prendre et d’en laisser à sa discrétion, selon son bon jugement, lorsqu’une personnalité qu’il admire se prononce sur un enjeu. D’ailleurs, lorsque que quiconque émet une opinion, ou même rapporte des « faits », je suis d’avis que peu importe l’allégeance, on devrait toujours se montrer un tantinet sceptique, ou du moins ne pas prendre cela tel quel sans au minimum s’être quelque peu questionné.

    Je ne crois pas que Laurent Proulx te reproche de te prononcer sur des enjeux, ni non plus de le faire aussi candidement. Je t’accorde que son texte semble aller dans cette direction, mais me trouvant dans une situation semblable à la sienne, je l’interprète tout autrement et je souhaite ici t’en faire part.

    Avant même le début de ce conflit, j’étais somme toute d’accord avec une hausse des frais de scolarité, comme je suis certain que l’était un nombre non-négligeable de concitoyens qui ne sont pas moins québécois ou « collectivistes » que la moyenne. Plusieurs années avant ce conflit, j’ai longuement discuté de financement universitaire dans mes quelques implications sociales ainsi que dans les médias sociaux. Mais jusqu’à tout récemment, la politique, au Québec, ça n’intéressait personne (j’exagère mais tu vois où je veux en venir). Une bonne chose au moins de ce conflit est qu’enfin, et crois-moi je m’en réjouis, lorsqu’on parle de politique désormais, tout le monde a son mot à dire! Ça, c’est une bonne chose, et il était temps que ça arrive, pour la santé de notre démocratie. Par contre, ce qui est regrettable, et je suis certain que je viens chercher Laurent Proulx là-dessus, c’est les conditions dans lesquelles cet éveil politique s’est matérialisé. Je t’explique.

    Avant février, il y avait quelques escarmouches entre divers tenants de diverses positions sur la question de la hausse, mais on n’était à des années-lumière du brouhaha qui s’en suivit. À partir de février, tout a changé. Et, comme tu t’en doutes, tout cela a commencé dans les universités et les CÉGEPs; des pancartes et des carrés rouges à profusion, quelques timides pancartes vertes.

    Une fois les pancartes affichées, l’étudiant apolitique moyen, le genre qui me regardait comme si j’étais un extra-terrestre il y a deux ans quand je lui parlais d’un partenariat public-privé ou du protocole de Kyoto, se met à se poser des questions, parce qu’on lui dit que dans deux semaines, il devra se prononcer dans une « assemblée générale » (nouveau terme pour lui) en votant pour aller en grève contre la hausse des frais de scolarité du gouvernement. On pourrait penser qu’à ce moment on venait de l’ébranler et de le sortir de sa zone de confort aseptisée et dépolitisée, mais non, c’est lorsqu’il a ouvert son Facebook que cela s’est produit. En effet, son fil d’actualité était bondé de « posts » scandant qu’on allait soit mettre à la rue les étudiants, soit devoir corriger le tir inflationniste depuis 1968. C’était encore les mêmes activistes habituels qui s’excitaient, d’un côté comme de l’autre, mais là ils étaient si intenses dans leurs échanges, qu’à un moment donné notre étudiant apolitique moyen a eu envie de laisser un commentaire sur un des posts. Ensuite, on lui a répondu, puis il a re-répondu, et puis il a à son tour laisser un post, que d’autres ont commenté, auxquels il a répondu. Ensuite, il a cliqué sur #ggi sur son compte Twitter et ça disait que le lendemain il y avait une manif; notre étudiant apolitique venait de perdre sa virginité politique et embarquer dans le mouvement. Tant mieux. Un citoyen indifférent de moins, un citoyen engagé de plus. So far, so good.

    Seulement, ça, c’est l’histoire de celui qui était bien d’accord avec le très charismatique Gabriel Nadeau-Dubois et ses comparses. Il y a l’autre histoire, moins romancée et moins publicisée, de celui qui n’était pas d’accord, de cet étudiant moyen apolitique qui a fait ses devoirs, s’est informé puis s’est dit que la hausse, c’était sa tasse de thé. Donc, suivant le même procédé twitteroïde facebookois d’initiation à la politique québécoise, notre autre étudiant s’est lui aussi mis à aller commenter les posts de ceux qu’on appelait maintenant les « rouges ». Un certain dimanche soir, il s’est préparé à voir l’ultime combat Nadeau-Dubois vs Grenier dans l’arène mortelle de Tout le Monde en Parle. Il a déchanté. Le carré vert, pas cool. Le seul organisme qui semblait le rallier avec ses semblables, le MESRQ (le « Mouvement » des étudiants « socialement responsables »), a ipso facto perdu toute crédibilité, sans compter les accusations (à tort selon moi) d’être un satellite libéral d’endoctrinement de la jeunesse.

    On a maintenant nos deux étudiants désormais politisés : le rouge, et le non-rouge (pas vert, vert c’es pas cool). Pour compliquer l’histoire (et la rendre plus réaliste), nos deux camarades étaient de très bons amis tout au long de leur baccalauréat. Là, rien ne va plus. L’un est un hippie communiste liberticide qui encourage la violence, l’autre est un individualiste crasse qui encourage la corruption et mange dans la main des compagnies du Plan Nord. On ne se parle plus, mais on parle néanmoins d’un débat de société…

    Notre ami rouge vote pour et va en grève, se fait plein de nouveaux amis dans les manifs, voient des personnalités publiques appuyer sa cause à profusion et on ne parle que de ça dans les nouvelles. Notre ami non-rouge se rend vite compte que pour lui, rien ne va plus. Les tenants de sa position ne sont pas organisés, aucun groupe n’existe, il n’y a pas de mobilisation, on est dans la complaisance et on se dit que le gouvernement va mettre un terme à tout ce cirque, right? Not quite.

    Notre ami non-rouge se rend compte également que les associations étudiantes avaient vu venir le coup (alors qu’il était encore dans bulle apolitique) et que leurs conseils exécutifs sont infiltrés de « rouges » jusqu’à la moelle (NDLR : j’exagère encore) et ils s’assurent de faire durer le bal. Alors après quelques valses infructueuses et des semaines de grève (qu’il appelle un boycott), notre cher non-rouge en a marre et se dit : « je vais aller me chercher une injonction (même si mon père n’est pas riche en tabarouette) ». Éclair de génie? Pas vraiment, car surprise, l’injonction n’est pas respectée. Notre ami non-rouge doit se rendre à l’évidence; le conflit étudiant, pour lui, ça se limite à « troller » #ggi et les fils d’actualité de ses amis avec des articles d’André Pratte. Ce qui l’étonne par contre, c’est que lorsqu’il sort de son cercle universitaire ou collégial, les opinions sont très partagées. Il y a même des collectivistes environnementalistes opposés à la corruption (faut le faire) qui sont d’accord avec lui. Lui qui ne sentait plus un vrai québécois, et pensait qu’il appuyait de facto la corruption et la destruction de l’environnement, se sent consolé. Il se dit donc, à juste titre, que l’appui au mouvement n’est peut-être pas si unitaire dans le fond. On a peut-être vraiment un débat de société. Il n’y a peut-être pas juste Richard Martineau (avec sa sangria) et André Pratte (avec sa minuscule minorité) dans la sphère publique qui sont d’accord avec lui. Il doit bien y avoir un artiste aussi qui le soit. Alors il cherche, et il cherche, et il cherche, et il ne trouve pas. Mais voyons, les artistes, les visionnaires et les créatifs de notre société, sont-ils tous « rouges »? À écouter Julien Poulin et Dominic Champagne, on dirait bien que oui. Forcément alors, ne pas être rouge, ça doit être rétrograde? N’est-ce pas? Notre cher non-rouge se frustre alors contre eux, se dit qu’ils sont coupables d’encourager les jeunes à « virer des chars à l’envers » et que s’ils étaient vraiment sérieux, que s’ils assumaient vraiment leurs positions, ils sortiraient du Plateau, mettraient leurs culottes et nous montreraient eux, comment ça se gère le Québec. Voilà donc la mise en contexte pour lire les propos de Laurent Proulx, un étudiant citoyen comme un autre qui pourrait très bien se reconnaître ici, ou pas.

    Ce que je souhaitais t’illustrer Xavier, et je n’ai pas la plume d’un artiste mais j’ai tenté de faire de mon mieux, c’est que pour un jeune, comme moi, ou comme Laurent Proulx, qui n’était pas d’accord avec la position des rouges, c’était facile de sentir laissé à soi-même. Je suis un passionné de musique et de films québécois, je suis écolo, je suis fier de mes origines, je m’oppose à la corruption, j’aime la bonne gouvernance et je suis un social-démocrate. En tant que citoyen, et même en tant qu’artiste, t’as tout à fait le droit de te prononcer sur des enjeux politiques comme il te plaît et je n’ai aucune réserve à cet égard. Ce que Laurent Proulx tentait toutefois de souligner, selon moi, c’est que c’est sidérant de ne voir aucun, mais là absolument aucun artiste se prononcer publiquement en faveur de la position contraire à celle de ceux portant le carré rouge. Tous les artistes qui se sont prononcés, et Dieu sait qu’il n’y en a pas eu peu, l’ont fait du même bord, comme si vous, les artistes, étiez un groupe monolithique, ce dont je doute fort. Couple ça à une quasi-monopolisation des associations étudiantes par les carrés rouges et une lapidation dans les médias sociaux de quelconque journaliste se prononçant contre le mouvement, et j’espère que tu peux t’imaginer à quel point ce fût frustrant, pour quelqu’un ne partageant pas le point de vue dudit mouvement, de voir son univers perturbé par celui-ci et s’y retrouver complètement impuissant. Laurent Proulx vous a visé comme groupe dans son article, car que tu le veuilles ou non, un artiste célèbre comme toi ou Guy A. Lepage a une visibilité indéniable ainsi qu’une influence notable auprès du public. Je crois toutefois, tout comme toi, que cela ne constitue pas une excuse pour te demander de tempérer ou orienter vers quelconque direction tes propos; tu es aussi libre que quiconque et seul toi est juge de déterminer comment jouir de cette liberté.

    Alors voilà, je termine là-dessus, en te demandant une question (libre à toi d’y répondre). D’ailleurs, je te confirme que j’ai eu nombreuses discussions s’y rattachant avec nombre de tes fans donc peut-être pourrais-tu ainsi t’adresser à eux. La voici donc : Est-ce normal, au Québec, qu’à chaque fois qu’il y ait un conflit politique, comme celui qu’on vit présentement, les artistes semblent tous se ranger du même côté et appuyer la même cause? Ailleurs dans le monde (i.e. France, USA) c’est différent, mais ici, vous semblez toujours tous en accord. Je ne dis pas (et je ne crois pas) que les artistes ont une responsabilité en tant que groupe, de se « diversifier » idéologiquement lorsque vient un conflit, mais j’émets, aujourd’hui, à titre d’humble citoyen fier québécois et fervent démocrate, qu’il serait ô combien rafraîchissant pour ce conflit (qui est loin d’être terminé) de voir sortir sur la place publique certains artistes ayant une opinion différente de la mêlée. Peut-être en connais-tu quelques uns? Pourrais-tu s’il te plaît leur passer le message?

    Sinon et bien continue dans ce que tu fais Xavier, tu es excellent et tu fais briller le Québec à l’étranger, nous sommes tous très fiers de toi.
    Cordialement,
    Philippe-Olivier

    PS. Si Laurent ne prends pas les billets je les voudrais bien s’il te plaît.

  5. Je crois que Laurent habite au 80 Jarry Est #1B, H2P 1T1. Ouais, je suis pas mal sûr que c’est là.

  6. julien tremblay-legris

    Cher Xavier,
    Ces dernières semaines, je n’en peux plus! Je suis étudiant en Histoire à l’UQÀM et je ne me définis pas comme un militant très actif dans le présent conflit. Par contre, je ne suis pas non plus de ceux qui s’écartent du sujet même quand la tension monte de quelques crans dans les conversations entre amis ou même entre collègues de travail. Mes convictions sont telles que je m’abreuve de ceux et celles qui, comme moi, ne lâchent pas prise. De ceux qui, comme toi d’ailleurs, n’hésitent pas à livrer sa vraie pensée. L’autocensure que s’imposent des milliers de Québécois est sans doute l’arme la plus redoutable du gouvernement en place. Je ne suis pas non plus expert en la question. Depuis le début du conflit, je ne cesse d’ouvrir des yeux depuis trop longtemps clos de gens qui ne se donnaient même pas la peine de se poser quelques questions que ce soit. Les idées se propagent désormais vitesse grand V. Des fois ces idées sont les miennes, mais souvent, ce sont les tiennes, les vôtres, les leurs. Je crois que Laurent Proulx devrait peut-être réviser son analyse en effet. Je suis un auditeur qui boit vos paroles, qui les utilise, qui les cite, qui s’en inspire. C’est certainement en partie grâce à vous que nous sommes plus forts, mais aussi grâce à nous tous. Celui qui n’a pas compris ça, je ne le blâme pas, mais me permets de lui répondre que la solidarité et démagogie n’est pas synonyme. Je t’écris ces quelques mots simplement pour te remercier. Merci pour ton courage et ton audace. J’ai confiance en nous. Tu m’inspires, cela me donne beaucoup d’énergie, surtout quand celle-ci est au plus basse. Alors bon combat!
    Solidairement, Julien Tremblay-Legris

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